Faire un don

Cancer pulmonaire

Le cancer du poumon est le cancer le plus répandu au Canada. On chiffre à 28 600 le nombre de Canadiens ayant reçu un diagnostic de cancer pulmonaire au cours de l’année 2017. Parmi ceux-ci, on compte plus de 8 000 Québécois.

Malheureusement, le risque de cancer pulmonaire est inversement lié au statut social et économique et est tristement connu pour son faible taux de survie puisque 17% des Canadiens ayant reçu un diagnostic de cancer du poumon survivent plus de 5 ans. Cela s’explique par une prise en charge difficile des personnes atteintes, car le diagnostic est souvent fait tardivement et qu’il y a présence d’autres maladies chroniques. Il est de ce fait primordial de sensibiliser la population à ce cancer.

Le cancer du poumon est une maladie causée par le développement désordonné de cellules anormales dans les poumons. Ces cellules anormales n’accomplissent plus leur fonction habituelle. Au contraire, les cellules cancéreuses, en se multipliant, détruisent les tissus sains du poumon.

Il existe 2 principaux types de cancer du poumon :

  • Le plus répandu qu’on nomme le cancer du poumon « non à petites cellules », qui généralement progresse moins rapidement, et qui regroupe l’adénocarcinome, le carcinome épidermoïde et le carcinome à grandes cellules. Il constitue 85% des cas de cancers pulmonaires.
  • Le cancer du poumon « à petites cellules », forme plus rare qui progresse généralement plus rapidement que le précédent et qui se traite également différemment.

Il existe également un type de cancer du poumon plus rare :

  • Le mésothéliome pleural est un type de cancer en augmentation dans la population et qui se développe dans la plèvre, c’est-à-dire l’enveloppe qui recouvre les poumons. Il s’agit d’un cancer agressif que l’on retrouve principalement chez les travailleurs qui ont œuvré en contact étroit avec l’amiante : Ouvriers de mine d’amiante, industrie automobile, cimenterie, travailleurs de la construction tels qu’électricien, plombier, charpentier et peintre. Compte tenu de son temps de latence très long, la maladie peut se déclarer 20, voire même 40 ans après l’exposition.

Un cancer qui prend naissance dans une autre partie du corps et qui se propage dans les poumons n’est pas un cancer pulmonaire; nous parlerons alors de métastases pulmonaires.

Causes

Exposition au tabac : Le tabac est le grand responsable de cette maladie. On estime à plus de 85 % le nombre de cas dont le tabac est la cause principale. La durée de l’exposition et la quantité de cigarettes fumées sont des facteurs liés au tabagisme pouvant augmenter le risque de développer un cancer du poumon.  Chez les personnes qui cessent de fumer, le risque de cancer pulmonaire diminue, mais demeure tout de même présent; comparativement aux gens n’ayant jamais fumé.

Qualité de l’air : D’autres facteurs peuvent être associés au risque de développer un cancer pulmonaire, tels la fumée secondaire, l’exposition au radon, l’amiante, l’exposition professionnelle à des substances carcinogènes (benzo[a]pyrènes, cadmium, arsenic…), la pollution de l’air extérieur, etc. De ce fait, les travailleurs œuvrant dans la fabrication du caoutchouc, les fonderies de fer et d’acier, le ramonage de cheminée, l’asphaltage et la couverture de toits sont davantage à risque.

Bagage génétique et antécédents familiaux : Le bagage génétique et la susceptibilité de l’individu jouent aussi un rôle important dans le développement de cancer. Les risques de cancer pulmonaire sont donc augmentés si un membre de votre famille du 1er degré (père, mère, frère, sœur ou enfants) a reçu un diagnostic de cancer du poumon. Ce risque plus élevé est attribuable à des habitudes de vie commune ou encore à une exposition à des substances carcinogènes communes.

Antécédents médicaux : Il arrive également qu’un type d’adénocarcinome se développe chez les personnes dont les poumons ont été blessés par des maladies pulmonaires comme la tuberculose ou encore chez les gens ayant un trouble du système immunitaire comme le lupus ou l’arthrite rhumatoïde. Toutefois, il s’agit de cas assez rares.

Signes et symptômes

Le cancer pulmonaire s’installe de façon insidieuse : peu de symptômes sont présents dans les premières phases du développement de la maladie. Son dépistage précoce, au moment où il peut être le plus facilement guéri, s’avère donc difficile. Au début, les symptômes sont peu apparents et dépendent de facteurs tels le type de cancer, la région touchée et la taille de la tumeur.

Le symptôme le plus fréquent et souvent le premier à faire son apparition est la présence d’une toux inexpliquée qui a tendance à s’intensifier avec le temps ou qui ne disparaît tout simplement pas. Par contre, d’autres symptômes peuvent être associés au cancer du poumon :

  • Douleur thoracique constante, s’aggravant avec la respiration profonde
  • Expectoration sanglante ou contenant des traces de sang
  • Essoufflement
  • Respiration sifflante
  • Changement dans la voix (raucité)
  • Perte de poids et d’appétit
  • Grande faiblesse, fatigue
  • Diminution de l’appétit et perte de poids
  • Infections pulmonaires récidivantes

Ces manifestations sont non spécifiques et peuvent se manifester dans d’autres maladies. Également, lorsque des métastases affectent d’autres organes, des symptômes très variés peuvent apparaître. Par exemple; lors de métastases au cerveau le patient peut présenter des troubles de comportement, de la confusion ou encore de convulsions.  Ainsi, un examen médical est donc primordial.

Diagnostic

Le cancer pulmonaire est la forme de cancer la plus couramment diagnostiquée. Plus le dépistage est précoce, meilleur est le pronostic. Puisqu’il peut demeurer un bon moment sans que le moindre symptôme se manifeste, il est fréquemment diagnostiqué de manière fortuite, c’est-à-dire lors d’un examen qui avait pour but le dépistage d’une autre maladie. La radiographie pulmonaire est souvent le premier test utilisé dans le processus de diagnostic. Par la suite, le médecin peut suggérer selon le cas, une tomodensitométrie thoracique, un TEP-scan (tomographie par émission de positrons) une bronchoscopie, un EBUS (cytoponction ganglionnaire par échographie endobronchique), une biopsie transthoracique et même une chirurgie pulmonaire exploratoire pour investiguer et confirmer un cancer pulmonaire.

Ce processus permettra au médecin de confirmer la présence du cancer pulmonaire, son type, et son stade (détermine l’étendue du cancer sur une échelle de 1 (tumeur plus petite et moins étendue) à 4 (tumeur de plus grosse taille et plus étendue)). De plus, certaines analyses effectuées sur les prélèvements cytologiques ou la biopsie pulmonaire permettront d’identifier des mutations spécifiques des cellules cancéreuses pouvant avoir un impact dans le plan de traitement proposé (thérapie ciblée).

Stades

Il existe différents stades au cancer pulmonaire non à petites cellules. Ceux-ci dépendent de la grosseur de la tumeur et de son étendue. Ils détermineront aussi en grande partie le choix du traitement.

Stade Description
0 Cellules cancéreuses présentent seulement dans le revêtement des voies respiratoires ou dans les alvéoles
1 A Tumeur de taille < 3cm située dans le poumon
1A1 < 1cm;  1A2 < 2cm;  1A3 < 3cm
B Tumeur de taille > 3cm, mais < 4cm pouvant également avoir envahi la plèvre, causé l’affaissement d’un poumon par obstruction de la bronche, avoir envahi la principale voie respiratoire, mais pas la région où la trachée se divise en bronche souche gauche et droite
2 A Tumeur de taille > 4cm, mais <5cm ou a envahi la plèvre, causé l’affaissement d’un poumon par obstruction de la bronche, avoir envahie la principale voie respiratoire, mais pas la région où la trachée se divise en bronche souche gauche et droite
B Tumeur de taille < ou = 5cm et qui s’est propagée aux ganglions lymphatiques près des bronches
Ou
Tumeur de taille > 7cm, mais < 5cm
Ou
Tumeur qui a envahi la plèvre, le péricarde ou la paroi thoracique
Ou
2 tumeurs et plus dans le même poumon
3 A Tumeur de taille < ou = 5cm et qui s’est propagée aux ganglions lymphatiques situés près de la trachée du même côté que le corps de la tumeur ou dans les ganglions lymphatiques près de la carène
Ou
Tumeur de taille > 5cm et :
Au moins une autre tumeur dans le même poumon
Ou
Tumeur s’est propagée aux ganglions lymphatiques près des bronches
Ou
Tumeur a envahi le diaphragme, le médiastin, le cœur, un gros vaisseau, l’œsophage, le larynx, la trachée, la carène ou des vertèbres.
B Tumeur de taille < ou = 5cm et dont le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques du côté opposé de la trachée ou du poumon ou aux ganglions de trouvant dans la partie inférieure du cou
C Tumeur de taille > 5cm et dont le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques du côté opposé de la trachée ou du poumon ou aux ganglions de trouvant dans la partie inférieure du cou
Ou
Présence de plus d’une tumeur dans différent lobe d’un même poumon et dont le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques du côté opposé de la trachée ou du poumon ou aux ganglions de trouvant dans la partie inférieure du cou
4 A Cancer s’est propagé à l’autre poumon, à la plèvre, au péricarde ou présence d’une nouvelle tumeur à l’extérieur du thorax
B Présence d’au moins 2 tumeurs se développant à l’extérieur du thorax

Traitements

Le cancer pulmonaire est souvent diagnostiqué tardivement, ce qui en fait un cancer difficilement traitable. Le choix du traitement dépendra de plusieurs facteurs : le type de cancer ou type cellulaire, le stade clinique (extension de la maladie) et l’état physiologique du malade (âge, fonction pulmonaire, santé générale, etc.), sans oublier son état psychologique.  Les principaux traitements proposés dans le cas du cancer pulmonaire sont la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et, plus récemment, l’immunothérapie et la thérapie ciblée.

Chirurgie : Il s’agit d’une intervention où un médecin spécialiste va littéralement aller retirer la tumeur, le lobe du poumon ou encore le poumon atteint. Évidemment, c’est sur l’évaluation de plusieurs facteurs que votre médecin sera en mesure de vous suggérer la chirurgie comme traitement à votre cancer du poumon. Parmi ces facteurs, on note l’étendue du cancer ainsi que votre capacité à vivre par la suite avec une partie ou un poumon complet en moins.

Chimiothérapie : Traitement où l’on a recours à des médicaments anticancéreux, c’est-à-dire toxiques pour les cellules cancéreuses, mais qui peuvent également l’être pour votre corps. Le but de la chimiothérapie est d’empêcher les cellules cancéreuses de se multiplier. L’administration peut avoir lieu à l’hôpital comme à la maison et se faire de diverses façons: comprimés à avaler, injections sous la peau, injection par voie veineuse ou autre. Dans la plupart des cas, la chimiothérapie est administrée conjointement à un autre traitement pour le cancer.

Thérapie ciblée : Souvent surnommée « chimiothérapie orale », la thérapie ciblée constitue une nouvelle génération très prometteuse de médicaments contre le cancer. Celle-ci, comme son nom l’indique, cible certaines molécules afin d’empêcher la transformation de cellules normales en cellules cancéreuses.

Radiothérapie : Traitement où l’on a recours à de la radiation, c’est-à-dire des rayons X de très forte puissance visant à détruire les cellules cancéreuses et les empêcher de se multiplier et de se développer. Bien que ces rayons traversent et abîment des tissus de votre corps pour parvenir à la tumeur, les tissus sains ont la capacité de se régénérer. Puisqu’il nécessite du matériel radiologique, ce traitement n’a lieu qu’en centre hospitalier. En général, un traitement a une durée approximative de 20 minutes et 20 à 30 séances sont habituellement nécessaires.

Radiothérapie stéréotaxique : Traitement basé sur la radiothérapie, mais où l’on dirige une grande quantité de petits rayons de forte puissance sur une zone bien précise du corps. Puisque ce traitement est plus ciblé, la durée d’une séance est approximativement de 60 minutes et de 3 à 5 séances sont généralement requises.

Immunothérapie : Il s’agit d’un traitement qui a pour but de changer la façon dont nos cellules immunitaires se comportent. Il en existe plusieurs types : certains augmentent la capacité immunitaire à lutter contre le cancer alors que d’autres contrôlent et même détruisent les cellules cancéreuses. Puisque ce traitement ne s’attaque pas aux tissus sains, il permet de mieux maîtriser les symptômes et diminuer les effets secondaires.

Chaque modalité de traitement peut être utilisée seule ou en combinaison avec une autre.  D’autres avenues de traitements sont parfois utilisées via des protocoles de recherche ou essais cliniques. Votre médecin saura vous conseiller si certains pouvaient s’appliquer à vous.  Il est important de réaliser que le traitement optimal proposé est individualisé pour chaque patient selon plusieurs facteurs et souvent selon un consensus obtenu après discussion auprès d’un comité des tumeurs pulmonaires regroupant les différents spécialistes impliqués tels pneumologues, chirurgiens thoraciques, oncologues, radio-oncologues et pathologistes.  Dans les maladies plus avancées, des soins de support ou soins palliatifs sont offerts au patient.

Suivi

Puisque les risques de récidive du cancer du poumon sont plus élevés dans les deux années qui suivent le traitement, un suivi étroit sera effectué par l’équipe médicale qui avait pris en charge votre plan de traitement ainsi que par votre médecin de famille. Lors de ces suivis, le médecin fera une évaluation de votre état de santé en se basant sur l’écoute de vos poumons et votre état général et pourra recommander au besoin une radiographie de vos poumons, des analyses sanguines ou encore une tomodensitométrie. N’oubliez jamais d’être à l’écoute de votre corps.

Conseils et prévention

Les meilleures chances de guérison se trouvent chez les patients dépistés très tôt, éligibles  à la chirurgie et traités dans les premiers stades de la maladie (Stades 1 et 2). Il est donc primordial d’être à l’écoute des changements et des symptômes anormaux ressentis. Discutez avec votre médecin des bienfaits et des risques du dépistage du cancer du poumon et demandez-lui si cela s’applique à vous.  L’arrêt tabagique demeure l’aspect le plus important dans la prévention du cancer pulmonaire. Également, mesurer la teneur en radon de l’air de votre habitation et prendre des mesures pour l’atténuer  ainsi qu’éviter l’exposition à des produits à toxicité reconnue, telle que l’amiante, sans protection adéquate.

Saviez-vous que

L’Association pulmonaire du Québec (l’APQ) offre un groupe d’entraide mensuel pour les personnes atteintes de cancer pulmonaire ainsi qu’une ligne téléphonique d’informations sans frais du lundi au jeudi de 8h à 16h30 et le vendredi de 8h à 12h.

Pour en savoir davantage, visitez notre section Ressources patients