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Asthme

L’asthme est la plus importante maladie respiratoire au Canada. Chaque année, le nombre de personnes asthmatiques augmente. Les causes (environnementales ou autres) de cette augmentation sont encore mal définies. Aujourd’hui, près de 2,5 millions de Canadiens souffrent d’asthme. Au Québec, on estime à plus de 600 000 le nombre de personnes atteintes , dont plus de 350 000 enfants et adolescents . Chaque année, au pays, les coûts directs et indirects du traitement de l’asthme dépassent le milliard de dollars . Ainsi, la maladie occasionne environ 60 000 visites à l’urgence , 5500 hospitalisations et, malheureusement, entre 150 et 300 décès .

L’obstruction est causée par trois mécanismes :

  • l’inflammation de la paroi interne des bronches;
  • la contraction des fibres musculaires qui entourent les bronches (bronchoconstriction);
  • la production d’un surplus de mucus (sécrétions épaisses) qui bloque les bronches.

Lorsqu’on expérimente l’un, l’autre ou plusieurs de ces symptômes, on peut parler de  » crise d’asthme « . Une crise d’asthme sévère peut être une expérience terrifiante qui s’accompagne de sensations de suffocation, d’essoufflement et de perte de contrôle. Ainsi, l’asthme mal traité ou sous-estimé peut mettre la vie d’une personne en danger.

Causes

Les causes exactes de l’asthme ne sont pas complètement déterminées, mais il semble que la maladie soit la conséquence d’une interaction complexe entre plusieurs facteurs génétiques (prédisposition familiale) et environnementaux.

D’une personne à l’autre, les déclencheurs de l’asthme peuvent être différents. Il est donc important pour toute personne atteinte d’identifier les éléments qui peuvent entraîner l’apparition de symptômes.

Facteurs déclenchants des symptômes de l’asthme

  • Les facteurs irritants

  • Les facteurs inflammatoires

Personnes à risque

Les personnes présentant de risques de développer de l’asthme sont :

  • Les personnes ayant une histoire familiale d’asthme
  • Les personnes nées prématurément
  • Les personnes présentant du reflux gastro-œsophagien
  • Les enfants ayant fait des infections respiratoires sévères et répétées (ex; pneumonie, infection au rhinovirus ou le virus syncytial etc.)
  • Les personnes souffrant d’obésité
  • Les personnes exposées à des facteurs environnementaux potentiellement irritants (ex; fermiers, peintres etc.)

Signes et symptômes

L’obstruction des bronches peut entraîner le ou les symptômes suivants :

  • de l’essoufflement;
  • une oppression thoracique;
  • une respiration sifflante;
  • de la toux
  • des sécrétions (mucus)
  • une toux persistante après un rhume (surtout chez les enfants)

Diagnostic

Les tests respiratoires fréquemment  sont utilisés dans le diagnostic et le suivi de l’asthme sont la spirométrie et le débit expiratoire de pointe (DEP). Ce sont des tests simples qui mesurent, entre autres, la quantité d’air maximale que vous pouvez expirer et la vitesse à laquelle vous pouvez le faire.

La spirométrie se fait dans un cabinet de médecin, une clinique ou à l’hôpital par un professionnel de la santé. Elle fournit plusieurs mesures et données qui peuvent aider à établir un diagnostic ou encore suivre l’évolution de la maladie.

Il est possible de faire soi-même une mesure de débit expiratoire de pointe (DEP) à l’aide d’un dispositif peu dispendieux et facile d’utilisation. En tenant un journal régulier des mesures de DEP, il est possible de vérifier la maîtrise de son asthme et valider l’efficacité de sa médication.

Traitement

La personne atteinte d’asthme devrait pouvoir mener une vie normale. Pour y arriver, il existe différents médicaments qui aident à gérer et prévenir les symptômes de l’asthme. Ci-dessous, nous distinguons les médicaments utilisés en cas de crise (médication de secours) de ceux utilisés tous les jours (médication d’entretien).

La médication de secours

Cette médication est utilisée pour soulager les symptômes immédiats ou aigus de l’asthme. Elle est donc prise en cas de crise. La plupart des médicaments de secours sont des bronchodilatateurs à courte durée d’action. Ils agissent rapidement (en quelques minutes) et ont pour effet de relâcher les fibres musculaires qui entourent les bronches. Les effets du médicament se font sentir pendant 4 à 6 heures.

Bronchodilatateurs à courte durée d’action :

  • Ventolin®
  • Bricanyl®
  • Airomir®

La médication d’entretien

Cette médication est prise sur une base régulière. Elle regroupe les bronchodilatateurs à longue durée d’action et les corticostéroïdes inhalés, qui sont utilisés dans le traitement quotidien d’une personne asthmatique. Ces deux catégories de médicament sont souvent combinées dans un même dispositif, mais elles peuvent aussi être prescrites séparément.

Les bronchodilatateurs à longue durée d’action ont comme fonction de relâcher les fibres musculaires qui entourent les bronches. Ils agissent durant 12 à 24 heures. Quant aux corticostéroïdes inhalés, ils ont comme fonction de calmer l’inflammation de la paroi interne des bronches. Les médicaments d’entretien sont habituellement pris chaque jour dans le but d’offrir une prévention constante.

Bronchodilatateurs à longue durée d’action :

  • Serevent®
  • Oxeze®

Corticostéroïdes inhalés :

  • Flovent®
  • Pulmicort®
  • Qvar®
  • Alvesco®
  • Asmanex®

Combinaison de corticostéroïdes inhalés et de bronchodilatateurs à longue durée d’action :

  • Advair®
  • Symbicort®
  • Zenhale®

Plus de 50 % des personnes asthmatiques pensent bien contrôler leur asthme alors que ce n’est pas le cas. Ces personnes ne maîtrisent pas leurs symptômes. Ceci implique qu’ils vivent quotidiennement des désagréments liés à leur asthme, mais ne savent pas que leur situation est inhabituelle et que leur médecin pourrait la corriger en optimisant le suivi et le traitement.

Les facteurs qui peuvent témoigner d’un asthme mal maîtrisé peuvent inclure : des symptômes quotidiens, une prise plus fréquente de la médication de secours, des consultations à l’urgence avec hospitalisations fréquentes et de l’absentéisme au travail ou à l’école.

Conseils et prévention

Prise en charge et maîtrise des symptômes

Les spécialistes en asthme s’entendent pour dire que la meilleure façon de prendre en charge l’asthme est d’impliquer activement le patient dans son traitement. Bien que les médicaments pour traiter l’asthme soient très efficaces, le succès du traitement repose en bonne partie sur la compréhension de la maladie et la réduction des principaux facteurs déclenchants.

Voici les principales étapes vers une prise en charge optimale :

  • Obtenez un diagnostic rapide et précis, basé sur votre histoire personnelle et sur des mesures objectives de la fonction respiratoire (spirométrie);
  • Apprenez à reconnaître les symptômes de l’asthme et à bien les comprendre;
  • Contrôlez votre environnement et évitez les facteurs déclenchants;
  • Assurez-vous de bien comprendre le fonctionnement de votre médication de secours et de l’utiliser telle que prescrite;
  • Assurez-vous de bien comprendre le fonctionnement de votre médication d’entretien quotidien et de l’utiliser telle que prescrite;
  • Élaborez un plan d’action personnalisé avec votre médecin;
  • Réévaluez régulièrement la maîtrise de votre asthme par les tests respiratoires requis (spirométrie, débit expiratoire de pointe, etc.).
  • Vérifier l’indice de qualité de l’air avant de prévoir une activité extérieure.
    • La qualité de l’air affecte également la respiration des personnes asthmatiques. Celle-ci est calculée en fonction de l’ozone,  du dioxyde de soufre, du dioxyde d’azote, du monoxyde de carbone et des particules fines contenues dans l’air.  Connaître l’indice de qualité de l’air de votre secteur vous permet de mieux planifier l’horaire de vos activités extérieures et de vous préparer adéquatement.

Voici les principaux critères d’un asthme bien maîtrisé :

  • Vous ressentez des symptômes diurnes (le jour) moins de 4 fois par semaine;
  • Vous ressentez des symptômes nocturnes (la nuit) moins de 1 fois par semaine
  • Votre niveau d’activité physique est normal;
  • Vous ne faites pas preuve d’absentéisme au travail ou à l’école à cause de l’asthme;
  • Vous utilisez votre bronchodilatateur de secours moins de quatre fois par semaine;
  • Les résultats de lecture de votre débit expiratoire de pointe (DEP) se situent dans les valeurs normales recommandées par votre médecin.

 

Asthme sévère

Au Canada, on estime que le nombre de personnes atteintes d’asthme sévère varie entre 150 000 et 200 000 personnes. L’asthme est catégorisé comme étant sévère ou grave lorsque les symptômes sont persistants et qu’ils s’aggravent et que les crises sont plus fréquentes malgré la prise adéquate et régulière de plusieurs médicaments ainsi que le bon contrôle d’exposition aux facteurs déclenchants. L’asthme sévère ou l’asthme grave demande un suivi plus pointu fait par un médecin spécialiste plutôt que par un médecin généraliste comme dans la majorité des cas.

Au cours des dernières années, les recherches sur l’asthme sévère ont porté fruit, conduisant à des traitements spécialisés. Il s’agit d’une classe thérapeutique nommée : anticorps monoclonal dirigé contre l’interleukine 5*. Il s’agit d’un traitement administré sous forme d’injection sous-cutanée ou intraveineuse à des intervalles généraux d’un mois.  Cette substance, une fois injectée, vient bloquer l’interleukine 5, une protéine déjà présente dans notre système qui par une cascade de réactions chimiques entraîne de l’inflammation au niveau des bronches. Ainsi bloqué, le processus d’inflammation bronchique diminue. Ces avancées thérapeutiques spécifiques permettent la diminution des crises d’asthme ainsi qu’un soulagement des symptômes.

Parmi ceux-ci, il existe :

  • Cinquair
  • Nucala
  • Fasenra

* Il est à noter que ces médicaments sont indiqués pour une clientèle asthmatique spécifique.

Enfant asthmatique

L’asthme est la 1ère cause d’hospitalisation chez l’enfant ainsi que la principale maladie chronique responsable d’absentéisme scolaire. Au Québec, le nombre d’enfants âgés entre 4 et 11 ans souffrant d’asthme est de 490 000 et il ne cesse d’augmenter.

Les enfants asthmatiques peuvent présenter des symptômes variés, par exemple une toux persistante suite à un rhume ou une respiration difficile lors d’un effort physique, une course au froid ou suite à l’exposition à un allergène. D’autres présenteront de la toux et de l’essoufflement quotidien. Ces symptômes peuvent varier au cours de la journée et d’une journée à l’autre.

Il est primordial d’identifier et d’éliminer les facteurs déclenchants ou aggravants de l’asthme chez votre enfant et donc d’assainir son environnement. Ce faisant, vous améliorerez la qualité de vie de votre enfant, diminuerez la fréquence et l’intensité de ses symptômes, éviterez l’absentéisme scolaire et les hospitalisations tout en réduisant le besoin en médicaments.

Conseils pratiques :

Certains facteurs déclenchants de l’asthme de votre enfant peuvent être évités tandis que d’autres peuvent être minimisés en prenant des précautions adéquates. Voici quelques conseils pratiques. N’oubliez pas que les facteurs déclenchants sont différents pour chaque enfant.

À la maison :

  • Évitez la fumée secondaire chez l’enfant, donc ne pas fumer. Évitez d’utiliser un poêle à bois qui dégage de la fumée;
  • Évitez l’exposition aux irritants tels que vapeurs de peinture, produits nettoyants et parfums;
  • Retirez les tapis, dépoussiérez les meubles et lavez les planchers avec un linge humide (pour ne pas disperser la poussière);
  • É vitez de passer l’aspirateur ou de faire le ménage en présence de l’enfant;
  • Éliminez la moisissure sur les plantes ou dans les pièces où il y a de l’humidité excessive ou des infiltrations d’eau;
  • Maintenez une humidité relative ambiante entre 40 et 50%. Évitez les écarts subits de température.
  • Évitez les oreillers et les couettes de plumes; préférez celles qui sont hypoallergéniques et lavables. Nettoyez la literie chaque semaine. Recouvrez les matelas de tissu imperméable ou d’une housse spéciale;
  • Évitez les toutous en peluche ou en laine. Lavez les jouets en tissus régulièrement. Privilégiez les jouets rembourrés en caoutchouc-mousse ou hypoallergénique.

Animaux :

  • Si votre enfant est allergique aux animaux, il est préférable de ne pas garder d’animaux ou d’oiseux et d’éviter le contact avec ceux-ci. Rappelez-vous qu’il n’existe pas d’animaux non allergènes.

Activité physique et sports :

  • La plupart des enfants asthmatiques peuvent pratiquer leur sport favori sans restriction, à condition que leur asthme soit bien maîtrisé. L’enfant doit progresser à son rythme et respecter ses limites. S’il y a lieu, l’enfant peut prendre son bronchodilatateur (médicament de secours) 15 minutes avant l’exercice, ce qui peut prévenir l’essoufflement.

Émotions :

  • L’asthme n’est pas le résultat de facteurs psychologiques, mais, dans certains cas, les émotions vives peuvent déclencher une crise d’asthme. Lorsqu’il est en colère, calmez l’enfant; apprenez-lui à dialoguer et à verbaliser ses émotions. Il est essentiel que l’enfant apprenne à gérer son stress et ses émotions.

À l’école :

  • Assurez-vous que votre enfant connaisse sa maladie, ses symptômes et son traitement;
  • Discutez avec l’enseignant, l’éducateur : informez-les sur la maladie de votre enfant, les déclencheurs de cette dernière et les étapes à suivre en cas de crise;
  • Assurez-vous que votre enfant à toujours son médicament de secours à porté de main.

Saviez-vous que

L’Association pulmonaire du Québec offre des services directs à la population. Pour en savoir davantage, visitez notre section Ressources patients