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Apnée du sommeil

Le nombre de personnes atteintes d’apnée du sommeil est actuellement sous-estimé, car ils sont sous-diagnostiqués par les médecins. Environ 858 900 Canadiens de plus de 18 ans ont déclaré s'être fait annoncer par un professionnel de la santé qu'ils font de l'apnée du sommeil. 

Au Canada, plus d’un adulte sur quatre (26%) ont déclaré présenter des symptômes et des facteurs de risque associés à un risque élevé de faire ou de développer de l’apnée obstructive du sommeil. L’apnée du sommeil peut toucher les hommes, les femmes et les enfants de tous âges et la plupart de ces personnes ne savent pas qu’elles en souffrent. C’est un problème sérieux, mais facilement identifiable et traitable, lorsque diagnostiqué.

L’apnée du sommeil comporte quatre types d’anomalies respiratoires du sommeil:

  • l’apnée obstructive du sommeil (AOS)
  • l’apnée du sommeil centrale (ASC)
  • l’apnée du sommeil complexe
  • l’hypoventilation du sommeil

Il est important pour le médecin d’établir une distinction entre les différents types d’apnée au sommeil, car le traitement diffère dans chaque cas.

Causes

L’apnée du sommeil peut être causée par plusieurs facteurs, dont :

  • La forme du visage et du cou : cou large, menton reculé ou fuyant, visage étroit
  • La dimension des voies respiratoires supérieures
  • Un pharynx étroit – voile du palais long
  • Taille des adénoïdes et des amygdales
  • Une obstruction nasale / respiration buccale
  • L’âge
  • Le sexe (les hommes étant plus à risque)
  • Un surplus de poids
  • Les allergies respiratoires
  • La consommation d’alcool et/ou de médicaments
  • Le tabagisme

Personnes à risques

Si vous êtes affectés par les conditions médicales suivantes, vous présentez également un risque accru de souffrir d’apnée du sommeil :

  • Hypertension (haute pression)
  • Angine et arythmie
  • Dépression
  • Infarctus du myocarde
  • Fibrillation auriculaire (trouble du rythme cardiaque)
  • Paralysie
  • Diabète
  • Taux de cholestérol élevé
  • Hypothyroïdie

Signes et Symptômes

Il est important de noter qu’une personne atteinte d’apnée du sommeil présente rarement tous ces symptômes et même, à l’occasion, très peu de symptômes.

  • Éveils nocturnes à répétition
  • Allers et retours fréquents à la salle de bains durant la nuit
  • Sommeil non réparateur
  • Maux de tête au réveil
  • Ronflement
  • Arrêts respiratoires observés par le conjoint
  • Fatigue, somnolence excessive durant la journée
  • Diminution du niveau d’énergie
  • Manque de concentration / altération du jugement
  • Diminution de la vigilance
  • Étouffement ou suffocation pendant le sommeil
  • Transpiration excessive durant le sommeil
  • Perte de mémoire
  • Irritabilité, changement de l’humeur et nervosité
  • Dépression / anxiété
  • Hypertension (haute pression)
  • Baisse de libido – dysfonctionnement érectile

Certaines comorbidités peuvent être présentes chez les personnes souffrant d’apnée du sommeil :

  • 30 % souffrent aussi du diabète de type 2
  • 30 % des personnes présentent de l’insuffisance cardiaque, angine ou infarctus, hypertension artérielle
  • 50% ont des symptômes dépressifs pouvant être interprétés comme une dépression (les personnes atteintes de l’apnée du sommeil présentent deux fois plus de risques de souffrir de dépression que les gens en santé)

Diagnostic

L’apnée du sommeil est diagnostiquée à partir d’un test spécialisé appelé polysomnographie ou étude du sommeil. Ce test est effectué sous prescription médicale seulement. Afin de déterminer la nécessité du test de polysomnographie, le médecin vous questionnera sur le sommeil et l’éveil, prendra connaissance de tous les antécédents médicaux et effectuera un examen physique pour déterminer, entre autres, la taille des adénoïdes et des amygdales. Une révision complète de tous vos médicaments sera faite. Parfois, certains d’entre eux, comme les tranquillisants ou les relaxants musculaires, peuvent aggraver l’apnée du sommeil. Chez l’enfant et l’adolescent, le test diagnostique n’est pas différent de celui des adultes. La chirurgie est toutefois plus souvent utilisée que chez les adultes.

Polysomnographie en laboratoire

Selon la Société canadienne de thoracologie ainsi que l’Académie américaine de la médecine du sommeil (American Academy of Sleep Medicine) , la polysomnographie complète est le test de référence pour l’étude des troubles du sommeil. Ce test permet de confirmer le diagnostic d’un trouble du sommeil, de reconnaître une pathologie associée et d’orienter la décision thérapeutique.

Cet examen est effectué en laboratoire du sommeil. Il consiste à l’enregistrement de différents paramètres au cours du sommeil. Vous devez ainsi dormir avec plusieurs électrodes ou capteurs attachés à différents endroits sur le corps :

  • Tête, côté du visage, menton : ces capteurs identifient les différents stades du sommeil.
  • Autour du thorax et de l’abdomen, deux bandes élastiques mesurent les efforts respiratoires.
  • Le taux d’oxygène dans le sang est également évalué par un petit capteur installé au bout du doigt.
  • Des fils aux jambes mesurent la contraction des muscles.
  • Une caméra vidéo capte la séance afin d’identifier la position et les mouvements anormaux durant le sommeil.

Finalement, toutes les données recueillies sont compilées, traitées par un logiciel, analysées par un technologue du sommeil et revues par un médecin spécialiste du sommeil afin d’établir le diagnostic.

Méthodes de surveillance à domicile

Un technologue du sommeil vous expliquera la démarche d’installation que vous serez en mesure d’exécuter à domicile. Il existe différents types d’appareils portatifs qui peuvent servir à démontrer les anomalies respiratoires et en mesurer la sévérité, ainsi qu’à ajuster le traitement ou vérifier l’ajustement du traitement. Les informations sur votre sommeil seront enregistrées avec l’un de ces appareils informatisés que vous pouvez utiliser à la maison pour le temps d’une nuit. Au retour de l’appareil, une évaluation de votre condition sera faite. L’interprétation des résultats doit être réalisée par un médecin spécialiste du sommeil.

Pour faire suite au test à domicile, le médecin peut parfois demander une analyse en laboratoire afin de procéder à une étude plus complète des données recueillies et ainsi poser un diagnostic plus précis ou ajuster le traitement.

Indice d’apnée/hypopnée

L’indice d’apnée représente le nombre de périodes d’apnée ou d’hypopnée par heure de sommeil tel que démontré par une étude du sommeil. Cet indice permet d’évaluer le degré, la gravité des anomalies respiratoires et ainsi décider du traitement le plus approprié (aussi appelé AHI ou IAH).

Légère : 5 à 15 anomalies respiratoires/heure*
Modérée : 15 à 30 anomalies respiratoires/heure*
Sévère : plus de 30 anomalies respiratoires/heure*

*Selon les critères établis par l’AASM

Pour connaître les Centres spécialisés en diagnostic de l’apnée du sommeil, visitez notre section Ressources Patients

Traitements

L’appareil de ventilation à pression positive continue (P.P.C.) est le meilleur traitement pour les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil. La pression positive continue ou P.P.C. signifie que de l’air est poussé par une pression positive continue au niveau des voies respiratoires de façon à les maintenir ouvertes. Cette pression doit être ajustée à l’aide d’un test de titration. La « titration » est l’ajustement de l’appareil à P.P.C. du patient afin qu’il délivre la pression de traitement à un niveau adéquat. Contrairement aux médicaments qui sont assortis d’une posologie relativement standard, le traitement par P.P.C. requiert une titration spécifique au patient. La pression de traitement varie d’un individu à l’autre, de même que les obstructions, et elle peut également varier tout au long de la vie d’une personne.

Il existe plusieurs types d’appareils à P.P.C., votre médecin prescrira donc le type d’appareil le plus approprié selon votre diagnostic en tenant compte, au besoin, des autres maladies dont vous souffrez. L’appareil à P.P.C. garde les voies aériennes supérieures ouvertes à tous les stades du cycle respiratoire, les ronflements et l’apnée sont contrôlés. Il s’agit d’un traitement et non d’une guérison. Si vous cessez d’utiliser l’appareil à P.P.C., vous recommencerez à faire de l’apnée. Une pression de traitement appropriée, un masque et un appareil confortables, une bonne formation et le soutien de vos proches feront souvent la différence entre succès et échec pour un grand nombre de personnes ayant recours à la P.P.C.

L’usage de l’appareil P.P.C. un minimum de 4 heures par nuit permet d’observer l’amélioration clinique. Il faut se donner un temps d’adaptation. Le succès signifie un sommeil et un réveil de meilleure qualité et peut également s’accompagner d’une réduction de la pression artérielle et de la disparition des symptômes associés à l’apnée du sommeil. De plus, les effets de l’utilisation de l’appareil sont cumulatifs ! Plus on l’utilise, plus les bénéfices sont grands ! Lorsque tout se passe bien, les personnes qui utilisent l’appareil à P.P.C. disent ressentir des améliorations à plusieurs niveaux :

  • Plus grande vitalité
  • Plus d’énergie et une vie sexuelle plus satisfaisante
  • Meilleure humeur
  • Vigilance accrue au volant
  • Meilleur rendement professionnel
  • Achat d’un appareil à P.P.C.

  • Mise en garde : achat d’un appareil usagé

  • Autres traitements

En conclusion, sachez que tous les types de traitement, que ce soit un appareil à P.P.C., un appareil dentaire ou une chirurgie, doivent être choisis en fonction de votre condition. C’est avec l’aide de votre équipe médicale que vous trouverez le traitement qui sera le plus approprié pour vous. Communiquez avec votre équipe médicale si :

  • Vous éprouvez des problèmes avec la thérapie par P.P.C.
  • Vous avez perdu ou gagné plus de 13 kg (30 lb) depuis le moment où vous avez commencé à utiliser un appareil à P.P.C.
  • Vous avez l’impression que l’appareil à P.P.C. ne vous aide pas.

Conseils et prévention

Suite à un diagnostic de condition chronique, telle que l’apnée du sommeil, l’adoption de saines habitudes de vie vous sera bénéfique à long terme. Il est conseillé pour toute personne souffrant d’apnée du sommeil de:

Cesser de fumer

Le tabagisme peut aggraver vos symptômes d’apnée du sommeil. En effet, la cigarette favorise une production accrue de mucus, entraîne une inflammation des voies respiratoires, irrite votre gorge et vous fait tousser durant la nuit. En plus de diminuer l’irritation de votre gorge, cesser de fumer vous donnera également plus d’énergie pour vos activités physiques quotidiennes.

Le personnel hautement qualifié de notre ligne 1-888-Poumon9 de l’Association pulmonaire du Québec vous renseigne sur les outils disponibles selon vos besoins pour vous aider à cesser de fumer et vous réfère à des programmes de cessation faits sur mesure pour vous.

Maintenir un poids santé

L’embonpoint est un facteur de risque de l’apnée du sommeil. Adopter une saine alimentation et faire de l’exercice régulièrement vous aideront à maintenir un poids santé. Une perte de poids de seulement 10 % (par exemple, une perte de 20 lb, chez un homme de 200 lb) réduira en moyenne de 30 % l’indice d’apnée/hypopnée. De même, une augmentation du poids de 10 % augmentera en moyenne l’indice d’apnée/hypopnée de 30 %.

Consommer de l’alcool avec modération et éviter de prendre des somnifères ou des relaxants musculaires

L’alcool, les somnifères et certains médicaments antidouleur peuvent avoir pour effet de trop relâcher les muscles de la gorge. En conséquence, vos voies respiratoires peuvent s’affaisser et se bloquer plus facilement. Ils peuvent aussi rendre plus difficile pour votre cerveau de « se réveiller » et de détecter un manque d’oxygène dans votre corps. Cela peut entraîner des pauses respiratoires plus longues et plus graves. De plus, l’alcool stimule le cerveau et il accentue à long terme l’insomnie et les symptômes du manque de sommeil.

Traiter énergiquement la congestion nasale et les allergies

Contrôler l’environnement et prendre des médicaments contre les allergies (en collaboration avec votre équipe médicale) devraient diminuer vos symptômes et ainsi favoriser une meilleure tolérance à la P.P.C.

Et pour favoriser un meilleur sommeil :

  • Adopter un horaire de sommeil régulier
    Aller au lit et se lever à peu près aux mêmes heures tous les jours favorisent un meilleur sommeil. Un horaire de sommeil régulier aide également à prévenir « la surfatigue » qui peut aggraver les symptômes de l’apnée du sommeil.
  • Diminuez la consommation de caféine
    Le café, le thé, les colas et le chocolat contiennent tous de la caféine et sont donc susceptibles de perturber votre sommeil. La caféine prolonge le temps d’endormissement et peut interrompre le sommeil durant la nuit.
  • Dormez sur le côté
    Le fait de dormir sur le côté ne guérit pas l’apnée du sommeil. Dormir sur le côté plutôt que sur le dos peut toutefois diminuer la sévérité de l’apnée puisque lorsque vous dormez sur le dos, la gravité étire les tissus de votre gorge et de votre cou, ce qui peut rétrécir les voies aériennes supérieures ou les bloquer complètement.

Il est possible de s’entraîner à dormir sur le côté :

  • En plaçant des oreillers dans votre dos pour vous appuyer.
  • En insérant une balle de tennis au dos de votre pyjama pour éviter de vous retourner sur le dos ou encore en utilisant un sac à dos sans armature rempli de serviettes de bain! Si vous commencez à rouler sur le dos pendant votre sommeil, la pression de la balle de tennis ou du sac à dos vous fera revenir sur le côté.

Recommandations

  • L’utilisation du CPAP est requise chaque nuit ou sieste durant le jour.
  • Lorsque vous voyagez, il faut prévoir :
    – D’apporter votre appareil, masque tubulure comme bagage à main dans l’avion.
    – Un adaptateur de courant. (Europe)
    – D’avoir avec vous une copie de la prescription médicale.
    – D’avoir une copie de la facture d’achat ou location (douane).
  • Lors d’un séjour à l’hôpital, vous devez apporter votre appareil.
  • La conduite automobile et la somnolence

  • Test de somnolence

Saviez-vous que

L’Association pulmonaire du Québec offre des services directs à la population. Pour en savoir davantage, visitez notre section Ressources Patients