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MPOC, Emphysème et Bronchite

Au Québec, 594 000 personnes sont aux prises avec un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Ce chiffre représente une estimation, car cette maladie est sous-diagnostiquée. En effet, on pense que 60 % à 85% de personnes atteintes de cette condition vivent avec celle-ci sans le savoir. Actuellement, la MPOC est la 4e cause de décès au Canada et la 1re cause d’hospitalisation au Québec. C'est d’ailleurs au Québec et dans les provinces de l'Atlantique que le taux de mortalité attribuable à la MPOC est le plus élevé.

La MPOC regroupe l’emphysème et la bronchite chronique

La MPOC regroupe deux problématiques pulmonaires généralement diagnostiquées chez des personnes de plus de 40 ans: la bronchite chronique et l’emphysème. Ces deux maladies se développent lentement et provoquent une obstruction progressive au passage de l’air dans les voies respiratoires réduisant votre capacité à respirer normalement. Une personne atteinte de MPOC peut être atteinte d’une de ces deux maladies ou des deux à la fois.

Emphysème

L’emphysème est une maladie dégénérative, insidieuse, à évolution lente et progressive et qui se manifeste lorsque le tissu pulmonaire se détruit et perd son élasticité. L’expiration devient alors plus difficile et laborieuse. En temps normal, les alvéoles sont comme de petits sacs élastiques. Imaginez-vous une grappe de raisins où chacun d’entre eux se comporte comme un tout petit ballon. Il se gonfle d’air à l’inspiration et se vide lors de l’expiration.

Chez une personne atteinte d’emphysème, on observe une dilatation des alvéoles accompagnée d’une destruction de la paroi de ces dernières. L’air demeure emprisonné à l’intérieur des alvéoles endommagées et les échanges d’oxygène et de CO2 sont eux aussi diminués, réduisant la quantité d’oxygène disponible dans le corps. En d’autres mots, les ballons n’ont plus leur efficacité d’origine et ne se vident plus aussi rapidement qu’auparavant. Cette respiration restreinte procure une sensation persistante d’essoufflement et de fatigue qui s’intensifie progressivement avec les temps. Malheureusement, l’emphysème est souvent diagnostiqué à un stade avancé.

Emphysème

Bronchite chronique

La bronchite chronique est une inflammation permanente des bronches souvent accompagnée d’hypersécrétion de mucus qui rendent difficile le passage de l’air jusqu’aux poumons. Elle se reconnaît lorsque la toux et les expectorations persistent plusieurs mois et durent généralement un peu plus longtemps chaque fois. L’obstruction des bronches et les sécrétions trop abondantes causeront de l’essoufflement de plus en plus marqué avec le temps puisque les poumons ne parviennent plus à se vider complètement lors de l’expiration.

La bronchite chronique pourrait être suspectée par votre médecin si vous souffrez d’une toux qui est régulière et qui produit des sécrétions pendant plus de 3 mois consécutifs et que cette situation est présente depuis au moins 2 années de suite. Généralement, la personne atteinte de cette maladie tousse, crache et présente de l’essoufflement lors de l’exercice ou lors des activités de la vie quotidienne.

Bronchite chronique

Causes

Dans la grande majorité des cas, l’apparition de la MPOC est liée au tabagisme. La cause de 90% des MPOC est liée au fait de fumer la cigarette. Les autres facteurs de causes incluent principalement :

  • La pollution de l’air (poussière ou produits chimiques);
  • La fumée secondaire;
  • Le déficit en alpha-1 antitrypsine qui est un trouble héréditaire rare qui cause l’appari­tion hâtive de l’emphysème pulmonaire et d’une obstruction bronchique très sévère;
  • Les infections pulmonaires répétées durant l’enfance.

Signes et symptômes

Les personnes atteintes de MPOC présentent généralement un ou plusieurs de ces symptômes :

  • Essoufflement pouvant aller du souffle court à l’effort à celui d’être trop essoufflé pour s’habiller;
  • Toux chronique (surtout dans la bronchite chronique) ;
  • Production de sécrétions (surtout dans la bronchite chronique) ;
  • Infections respiratoires plus fréquentes (grippe, pneumonie) et temps de rétablissement plus long ;
  • Fatigue ;
  • Perte de poids inexpliquée ;
  • Capacité réduite à s’adonner aux activités de la vie quotidienne.

Certains facteurs peuvent également aggraver les symptômes de votre MPOC. Voici les plus courants :

  • Infections respiratoires (rhume, grippe, bronchite, pneumonie)

  • Polluants de l’air intérieur (fumée de cigarette, produits d’entretien ménager, odeurs fortes, poussières)

  • Polluants de l’air extérieur (gaz d’échappement, fumées industrielles, smog)

  • Émotions (colère, anxiété, stress)

  • Changements de température (chaleur ou froid extrême)

Diagnostic

Pour diagnostiquer la MPOC, votre médecin débutera par vous questionner au sujet de vos antécédents de santé et vos habitudes de vie, par exemple :

  • Fumez-vous ou avez-vous déjà fumé?
  • Êtes-vous souvent essoufflé(e)?
  • Qu’est-ce qui aggrave votre essoufflement?
  • Toussez-vous? Depuis combien de temps?
  • Crachez-vous des sécrétions (mucus)?
  • Des membres de votre famille sont-ils atteints de maladies pulmonaires?

Par la suite, des examens lui permettront d’établir un diagnostic:

  • La spirométrie

  • La radiographie pulmonaire

  • Test de fonction pulmonaire complet ou bilan de base

Traitements

Il n’y a pas de traitement curatif pour la MPOC, mais les traitements disponibles visent à ralentir l’évolution, prévenir les complications, réduire les symptômes et améliorer la qualité de vie.

L’arrêt tabagique

Il est absolument essentiel de cesser de fumer afin de ralentir l’aggravation de l’obstruction bronchique et la diminution de la fonction respiratoire.

Si vous souhaitez arrêter de fumer, sachez que de nombreuses ressources sont disponibles pour vous aider. L’Association pulmonaire du Québec offre gratuitement plusieurs services en arrêt tabagique.

Ligne d’information

Vous pouvez obtenir le soutien d’un inhalothérapeute via notre ligne téléphonique d’information, du lundi au jeudi de 8h à 17h ainsi que le vendredi de 8h à midi:

  • 1-888-POUMON-9, poste 232(768-6669), poste 232
  • par courriel à l’adresse suivante : info@pq.poumon.ca

Programme Enfin Libre! du tabac

Participez au programme de cessation Enfin libre ! du tabac par l’entremise de rencontres de groupe, contactez le 1-888-POUMON-9 (768-6669) poste 222

Votre guide pour cesser de fumer

Un outil indispensable pour vous accompagner pas à pas dans votre démarche. Téléchargez ici.

Voici également d’autres services pouvant vous être utiles

J’ARRÊTE (MSSS du Québec)

  • Contactez le 1-866-JARRETE (527-5283) ou visitez le site Web.

Les Centres d’abandon du tabagisme (CAT)

La médication

Les médicaments utilisés pour le traitement de la MPOC visent à maximiser les fonctions des poumons, à réduire l’essoufflement et à améliorer la tolérance à l’effort. Plusieurs médicaments sur ordonnance existent et il en va de même pour les dispositifs de prise de médication.

Votre médecin est le professionnel désigné pour déterminer le meilleur traitement pour vous. Si vous avez des difficultés à utiliser le dispositif d’administration du médicament prescrit, il est primordial d’en discuter avec lui. La technique avec laquelle vous prenez votre médication a un impact direct sur son efficacité. Ci-dessous, nous distinguerons les trois grandes catégories de médicaments utilisés dans le traitement de la MPOC :

  • Les bronchodilatateurs
  • Les anti-inflammatoires
  • Les médicaments utilisés pour traiter les exacerbations (lorsque votre état se détériore et que vos symptômes s’aggravent)

Les bronchodilatateurs

Ils constituent la base du traitement de la MPOC puisqu’ils ouvrent les voies respiratoires et préviennent ou réduisent l’essoufflement, principalement lors d’effort. Les bronchodilatateurs se divisent à leur tour en 3 classes.

Selon le principe d’une clé qui débarre une serrure, chaque classe de médicament (clé) agit sur un type de récepteur (cadenas) spécifique. Finalement, pour chaque de ces classes, il y des médicaments qui ont une courte durée d’action (4 à 6 heures) et d’autres qui ont une longue durée d’action (environ 12 à 24 heures).

  • Les bêta2-agonistes (aussi appelés bêta2-adrénergiques)

  • Les anticholinergiques

  • Les traitements d’association de bronchodilatateurs

Les anti-inflammatoires

Comme son nom l’indique, l’anti-inflammatoire va réduire l’inflammation provoquée par la maladie et présente à l’intérieur de bronches. Il existe 3 classes bien distinctes d’anti-inflammatoires.

  • Les corticostéroïdes inhalés

  • Les inhibiteurs de la phosphodiestérase (PDE)

Les médicaments de traitements des exacerbations (crises)

Les comprimés oraux de cortisone (aussi disponible en sirop) ainsi que les antibiotiques sont les composantes principales du traitement des exacerbations et constituent habituellement le plan d’action du patient MPOC. Ainsi, le patient qui voit sa toux s’être intensifiée ou encore voit ses expectorations se colorer peut, en fonction d’une ordonnance préétablie par son médecin, débuter la prise de ces médicaments afin d’éviter l’amplification des symptômes. Si vous souffrez de MPOC, demandez à votre médecin d’obtenir un plan d’action.

L’oxygénothérapie

L’oxygénothérapie à domicile est prescrite à des individus qui répondent à des critères bien précis dans le but d’augmenter la concentration d’oxygène dans le sang lorsque celle-ci est jugée insuffisante. Le médecin traitant est la personne ressource pour vous renseigner à ce sujet.

La vaccination

Les personnes atteintes de MPOC et leurs proches devraient être vaccinés contre la grippe chaque automne. Des vaccins contre les pneumonies à pneumocoques peuvent aussi vous être recommandés par votre médecin traitant.

La rééducation respiratoire

Les programmes de réadaptation pulmonaire permettent une prise en charge globale qui tient compte autant de l’impact psychologique, que de l’impact social et physique de la maladie. Les personnes inscrites participent à des séances données par une équipe interdisciplinaire de professionnels de la santé qui offrent des interventions sur des thèmes variés (exercice physique, nutrition, techniques de respiration, principes de conservation de l’énergie, etc.). Un programme d’exercices adaptés à la condition physique de la personne atteinte de la MPOC renforcera les muscles respiratoires et améliorera sa qualité de vie. Le centre de réadaptation pulmonaire Inspir’er, situé dans les locaux de l’Association pulmonaire du Québec, offre gratuitement un programme complet de réadaptation pulmonaire.

D’autres centres proposent également des programmes similaires. Pour en savoir davantage sur ce programme ou connaître les endroits qui proposent un tel programme près de chez vous, contactez-nous au 1-888-POUMON-9 (768-6669), poste 236.

Toutefois, tous n’ont pas la chance d’avoir ce type de centre à proximité de leur domicile ou encore d’avoir un moyen de transport pour s’y rendre. Notre équipe a donc spécialement conçu un guide d’entraînement pour les gens atteints de maladies respiratoires.

Autres interventions

Des interventions chirurgicales telles que la réduction pulmonaire et la transplantation pulmonaire ne sont envisagées que dans certains cas particuliers.
De son côté, la recherche portant sur les maladies pulmonaires chroniques progresse et nous espérons qu’elle saura offrir bientôt de nouveaux traitements.

Saviez-vous que

L’Association pulmonaire du Québec offre des services directs à la population. Pour en savoir davantage, visitez notre section Programmes et services